Let’s get together: La difficulté de monter des projets.
Au programme sur Stufftrack.org : Le partenariat renouvelé avec le spectacle soul “Let’s get together” à la une, qui, après une première édition à succès fait son deuxième spectacle le 28 Mai au Trabendo, et la nouvelle du vote de l’assemblée sur la loi HADOPI. De la démocratie à la scène, on observe une grande difficulté à communiquer et surtout à transférer les contacts ou public d’internautes, en communauté de terrain. Sur le front de l’HADOPI, malgré l’étalage d’opinions contre, le couperet législatif a mis fin aux discussions et vient de créer une nouvelle exception culturelle Française qui muselle le web, le privant d’un seul coup d'essor, en préférant la répression à la recherche de principe économique. Cette loi va donc permettre à un système piteux de tant d’années de crise, de couler moins vite, mais tout aussi certainement.
DU WEB A LA DEMOCRATIE
On en a cramé des pixels, des pages de blog sur la loi “création et internet”, la galaxie web en effervescence a vécu une avalanche de commentaire, rien y a fait...Qu’elle est donc dans le pourcentage de transformation dans notre démocratie “réelle” des mobilisations de la “blogosphére”? Combien d’internautes écrivent à leurs députés ou font une démarche sur le plan social ? Si on en croit le résultat législatif, très peu ou il faudra conclure que la France est une démocratie étrange, car son gouvernement ne suit pas l’opinion du peuple.
LA CREME DE LA SOUL FAIT SALLE COMBLE
La même mécanique touche les projets culturels qui ne transforment que rarement un succès internet en salle comble.
La première soirée du Let’s get together le 19 Février dernier au New morning était à ce titre un pari risqué, le concept inhabituel (un répertoire de reprise), le casting large sans forcement de “star” (mais toute la crème de la soul Française) et un business modèle en décalage avec les réalités économiques. Mais malgré les craintes de l’organisation, on a laissé beaucoup de monde à la porte pour cause de salle comble.
Pour comprendre la raison de ce succès de communication, il nous manque des outils qui identifient les ressorts le plus efficace. Est ce la notoriété des chanteurs (il y en a beaucoup), les promotions en radio ou les envois quotidien sur le web ? Peu importe, cette soirée fut un succès ; quant au web, dans cette histoire, il demeure un média. L’internaute participatif par essence, l’est aussi par simplicité car pour lui tous les sujets se trouvent sous sa souris...S’investir hors de la toile demeure aussi compliqué que de sortir un téléspectateur de son canapé. Du spectateur à l’internaute, la motivation reste la même...L’internaute s’oppose au téléspectateur par son investissement qui est majoritairement celui des “comments”, sa participation à un projet consiste à relayer l’info auprès de son cercle social par le jeu des affichages sur les web sociaux où tout le monde s’observe...Du bouche à oreille numérique en quelque sorte.
L’AUTOPRODUCTION DE SPECTACLE
Les enjeux commerciaux autour des spectacles importent peu au public qui ne fait pas la distinction entre un spectacle “produit”, on entend par là des salaires, des contrats, et un cadre social...Et un spectacle tenu à bout de bras tel que le “let’s get together”, qui n’a comme solution que d’investir de l’argent personnel et l’énergie quotidienne d’un bon nombre de gens.
Qu’il ne fasse pas la différence est une bonne chose, car on lui demande de juger des idées et non des moyens. Les idées sont liées aux créateurs, elle doivent s’épanouir, trouver un public, puis basculer vers un cadre professionnel c’est à dire permettre aux fondateurs de rencontrer un système de production afin de trouver dans le même temps des capitaux et aussi des rémunérations.
LES SOCIETES ABSENTES DES TERRITOIRES DE RECHERCHE ARTISTIQUE
Mais en 2009, ce procédé est chamboulé, l'échelle est cassée au niveau de l'accès au professionnalisme. Les sociétés n’explorent plus les territoires de recherche artistique, investissent peu sur des nouveaux créateurs qui n’ont pas déjà fait leurs preuves commerciales. Le chemin qui se dessine pour l’artiste est donc d’imaginer des idées qui fonctionnent sous l’éclairage de la rentabilité. C’est un problème épineux, autrefois confié aux “producteurs” et qui est maintenant transféré au créateur-gérant.
Créer, c’est à présent faire des choix liés à l’imagination, de fabriquer un spectacle unique pour attirer le public, puis faire le tri des réalités, faire le point des rémunérations de chacun, des droits d’auteurs et enfin trancher dans le vif pour arriver à un projet fiable et intéressant pour le public et ainsi pouvoir produire le suivant.
La chaîne culturelle doit être faite d’idées un peu dingues, d’un lieu de libre communication comme le web pré-HADOPI, mais surtout de transfert vers la vie réelle. Alors si vous cliquer sur le “Let’s get together”, et que la troupe emmenée par Lisa Spada vous séduit, il est tant de prendre vos places et de venir les soutenir le 28 Mai au Trabendo.
Ludovic & Renand

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